L’orchestre calligraphique, 2024
Ateliers performatifs en collaboration avec l’Orchestre National des Pays de la Loire dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturel «la musique de l’oreille au pinceau» avec des lycéenes et apprenties de Nantes et d’Angers.

L’orchestre calligraphique propose l’écriture d’une nouvelle partition graphique et collective du Boléro de Ravel. C’est une invitation à revoir nos manières d’écouter et d’écrire à l’heure de la vitesse et des outils numériques. Entre maîtrise et lâcher-prise, les participant.es jouent d’une palette d’outils-instruments à la fois anciens et nouveaux. Nous avons expérimenté différents gestes calligraphiques pour retranscrire sur papier, à la manière d’une improvisation, nos impressions du Boléro.









L’atelier s’est déroulé en deux temps, une partie individuelle, sur table, à la manière d’un orchestre qui s’échauffe pour ensuite jouer la partie collective, au sol. Le rouleau de papier est partitionné en cinq morceaux d’un mètre correspondant au cinq mouvements du Boléro, avec une marge présente sur tout un bord. La marge accueille les petits outils, les gestes plus précis. Les encres sont préparées avec différentes dilutions, les couleurs (rouge, noir, gris) sont inpirées des neumes du moyen-âge. L’évolution de la notation musicale est liée à l’apparition de l’écriture puis à l’invention de l’imprimerie uniformisant l’écriture musicale. La forme des notes a donc évoluée avec le temps et selon les outils ; au moyen-âge, les notes étaient de forme carrée. Le fil conducteur est cette idée d’outils et de trace, de décomposition des éléments de la partition.
La chorégraphie suit le long crescendo du Boléro, avec une montée en puissance vers la fin, visible sur le papier. Les instruments sont les outils à dessiner : des traceurs de portées et différents pinceaux pour traduire la mélodie. La partition s’est écrite en deux passages, pour la portée et pour la mélodie. C’est une écriture collective, une performance physique, comme une sorte de relais où chacune transmet un geste, une trace. Cette esthétique de la partition graphique asémique est présente dans le travail de Rosaire Appel plus particulièrement dans l’édition «Traces of Traces» qui est un écho à cet atelier performatif.
avec Pauline GESTA, Alix ILINCA et Clémence SEINCE de l’action culturelle de l’ONPL
Lycée Arago de Nantes, Lycée Jacques Prévert de Savenay, Lycée Saint-Aubin La Salle de Verrières-en Anjou, Lycée Rosa Parks de La Roche-sur-Yon, et les enseignant·es Stéphanie GUERINEAU, Yann LE TEXIER, Guillaume VION, Sandrine GUILMENT.
Photographie : Kasra Alizadeh
Vidéo et montage : Lea Viretto (durée 7’19’’)
© ADAGP 2025 – Sarah Orumchi