Les guides de l’écriture, 2016-2023

Série de cinq dessins à l’encre sur papier

Le formulaire sensible, 2017, encre sur papier, 200 x 100 cm

Cette peinture à l’encre sur papier reprend le motif du formulaire administratif agrandi à l’échelle du corps humain telle une matrice. Des matériaux contradictoires se rencontrent : la grille orthogonale réalisée avec des réserves en scotch accueille, contient et dirige une matière organique très fluide. L’encre noire normalement utilisée pour écrire et remplir le formulaire dans les cases, circule dans la composition de manière libre sous forme de tâches aux formes mouvantes. Dans certaines zones blanches où le papier a été entièrement recouvert de bandes adhésives, le liquide arrive à se frayer un chemin et dessine de fines lignes géométriques. Une seule encre est utilisée et c’est par un dosage entre encre noire et eau que la matière révèle un spectre de couleurs enfouies allant de l’orange au bleu. La série les guides de l’écriture explore le dialogue entre un code, une géométrie, un respect du code et une technique beaucoup plus libre à l’encre qui s’échappe des portées. Dans ce travail, la question de l’informel est visible, comment révéler l’antagonisme dans nos vies, remettre un champ d’expression libre dans ce qui nous contraint, comme une forme de résistance et chercher un autre pouvoir de l’écriture. 

Vue d’atelier, Les Ateliers de La Ville en Bois, Nantes, 2023

Vue d’atelier, Les Ateliers de La Ville en Bois, Nantes, 2023
Vue d’atelier, Les Ateliers de La Ville en Bois, 2023
détail du dessin « tâche » lors de sa réalisation
Cloud, 2023, encre sur papier, 50 x 65 cm
Tâche, 2023, encre sur papier, 80 x 120 cm
Mot, 2023, encre sur papier, 80 x 120 cm
Lettres, 2016, techniques mixtes sur papier, chassis en bois, 100 x 100 cm

C’est une peinture en action qui me permets de libérer des énergies de manière automatique. Je pose d’abord le cadre, qui va concentrer l’encre souple, en créant des dynamiques. Puis il y a plusieurs strates, parmi lesquelles je travaille le geste en insérant certains éléments de l’écriture persane, qui sont comme des souvenirs. Un lacher-contrôlé. J’étais marquée à ce moment par les peintures de Pierre Alechinsky, Willem de Kooning. Le cadre devient réserves sur lesquelles je réinterviens pour lier les différentes parties.  Le contraste entre les lignes géométriques et les parties plus sensibles révèle un antagonisme. Cette idée du cadre m’a beaucoup intéréssé. Il limite, contient, invite à intervenir, il décore, mais peut aussi évoquer l’autorité ; formater, cadrer comme avec mon travail sur les formulaires administratifs.