L’orchestre calligraphique, 2024
Ateliers performatifs pour l’écriture d’une nouvelle partition graphique et collective du Boléro de Ravel. À l’ère de la vitesse et des outils numérique, cet atelier invite à une reconnexion au geste et à l’écriture. Comme en musique, la calligraphie exige maîtrise et répétition pour atteindre un rythme fluide. Les participant·es explorent la partition graphique en décomposant ses éléments (lignes, courbes, points, signes). Entre maîtrise et lâcher-prise et avec une palette d’outils variés, plumes, calames, traceurs de portées, pinceaux-cannes, les joueurs traduisent sur papier leurs impressions musicales, improvisant au fil des sons. La main devient sismographe du rythme. L’atelier alterne temps individuel d’échauffement et création collective d’une partition du Boléro de Ravel, jouée en live.
Partenaire : l’Orchestre National des Pays de la Loire, Pauline GESTA, Alix ILINCA et Clémence SEINCE de l’action culturelle de l’ONPL, dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturel «la musique de l’oreille au pinceau».
Public : Lycéen·e·s et apprenti·e·s de différentes filières, 4 classes, de 22 à 36 élèves. Lycée Arago de Nantes (1ère bac pro menuiserie), Lycée Jacques Prévert de Savenay (1ère générale Spécialité Arts plastiques et HLP), Lycée Saint-Aubin La Salle de Verrières-en Anjou (1ère générale Spécialité Histoire des Arts), Lycée Rosa Parks (2nde bac pro Conducteur transport routier) de La Roche-sur-Yon, et les enseignant·es Stéphanie GUERINEAU, Yann LE TEXIER, Guillaume VION, Sandrine GUILMENT.
Durée : 3 heures par atelier (4 ateliers)
Lieux : Salle de répétition de l’ONPL à Nantes et Maison des Arts à Angers
Photographie : Kasra Alizadeh
Vidéo et montage : Lea Viretto (durée 7’19’’) lien vidéo





L’atelier s’est déroulé en deux temps, une partie individuelle, sur table, à la manière d’un orchestre qui s’échauffe pour ensuite jouer la partie collective, au sol. Le rouleau de papier est partitionné en cinq morceaux d’un mètre correspondant au cinq mouvements du Boléro, avec une marge présente sur tout un bord. La marge accueille les petits outils, les gestes plus précis. Les encres sont préparées avec différentes dilutions, les couleurs (rouge, noir, gris) sont inpirées des neumes du moyen-âge. L’évolution de la notation musicale est liée à l’apparition de l’écriture puis à l’invention de l’imprimerie uniformisant l’écriture musicale. La forme des notes a donc évoluée avec le temps et selon les outils ; au moyen-âge, les notes étaient de forme carrée. Le fil conducteur est cette idée d’outils et de trace, de décomposition des éléments de la partition.




La chorégraphie suit le long crescendo du Boléro, avec une montée en puissance vers la fin, visible sur le papier. Les instruments sont les outils à dessiner : des traceurs de portées et différents pinceaux pour traduire la mélodie. La partition s’est écrite en deux passages, pour la portée et pour la mélodie. C’est une écriture collective, une performance physique, comme une sorte de relais où chacune transmet un geste, une trace. Cette esthétique de la partition graphique asémique est présente dans le travail de Rosaire Appel plus particulièrement dans l’édition «Traces of Traces» qui est un écho à cet atelier performatif.

© ADAGP 2026 – Sarah Orumchi